M2


Aux étudiants de M2 à la fois paniqués et désespérés (je plaisante…) de ne pas retrouver ici la liste de 30 albums dont nous nous sommes entretenus en cours, je signale que je l'ai seulement déplacée à l'onglet Smic qui jouxte l'onglet Séries, les deux commençant à meubler mes Thèmes.

 
Vous trouverez dorénavant à la  page Documentaire le fruit du travail des sections C1, D1 et D3, ainsi que  du groupe des NT1 de Viry-Chatillon.

Avis aux sections (dont mes C1) qui partent sur le terrain la semaine prochaine : j'ignore si on vous demandera de prendre la classe, de contribuer à un projet, de donner des idées… Dans le doute, allez à la page Noël, parce que vous pourrez vous munir là de ce qui ne vous trahira jamais : des livres. Pour une lecture offerte ponctuelle, un moment d'occupationnel intelligent, une mise en réseau, des idées de fabrication, des activités dans d'autres disciplines — le retour sur investissement est énorme. Surtout que toutes ces références sont empruntables au CRD d'Etiolles, et beaucoup, même si je n'ai pas encore vérifié, à la médiathèque d'Evry. J'ai aussi choisi ma Recette de la semaine en pensant à vous : j'ai si souvent vu les écoles maternelles confectionner les boîtes (ou étuis…excellente idée de projet techno-français-arts plastique) de dattes fourrées avec de la pâte d'amande industrielle, infâme et hors de prix…Si vous introduisez la recette du vrai massepain de Noël dans les écoles , votre nom y restera à jamais béni !

Quelques conseils pour votre stage en responsabilité


Une louche de plus dans l'océan qui vous submerge depuis une semaine… Je vais essayer de sélectionner les conseils les plus utiles à la survie d'un jeune professeur, quitte à plonger dans l'accablement quelques collègues rigoureux.
Le commandement essentiel est le suivant : considérez ce métier comme un métier, et non comme un sacerdoce ou comme la quête du Graal. Rejetez tout ce qui suppose de se coucher à 4 heures  du matin, de sauter des repas, de sacrifier toute vie familiale et sociale. D'abord parce que vous ne tiendrez pas  — même pas trois semaines , ensuite parce que vous avez en face de vous des enfants, c'est à dire de vraies petites éponges psychiques. Si vous arrivez devant eux épuisés, vous ne pourrez leur commniquer que votre angoisse et votre désarroi. Le meilleur service que vous puissiez leur rendre, c'est de faire une séance simplement honorable dans une forme correcte. Pour cela

à quel rythme travailler ?


Il faut préparer, ce n'est pas moi qui prétendrai le contraire. Ecrire a la vertu incomparable de graver dans l'esprit ce que l'on veut transmettre. Tout vieux professeur vous dira que la meilleure des préparations est celle qu'on laisse sur le bureau pour improviser tout autre chose; mais si on n'avait rien écrit, on serait  bien incapable d'improviser. C'est mystérieux, mais très vrai. Pour vous qui n'en êtes pas à improviser, une préparation s'impose pour chaque séance — et c'est là que le vertige vous prend ! Si  vous consacrez deux heures à chaque séance, vous êtes mort ! Sans compter qu'une séance peut être trop préparée : surinvestie, rigide, ennuyeuse… Je crois que faire une fiche  de  préparation fouillée, selon les modèles qu'on vous a donnés, en 3/4 d'heure ou une heure doit valoir pour une ou deux séances par jour. Prenez soin de faire bénéficier l'ensemble des disciplines de cette préparation. Et le reste du temps, adoptez la préparation éclair selon le modèle, conçu dans ma chère école Pablo Picasso de Corbeil-Essonnes, que je vous mets en ligne ici. Cela prend 10 minutes, et vous êtes sûrs de penser à l'essentiel. N'oubliez pas à chaud le petit bilan qui vous fera grandement progresser d'une fois sur l'autre.
Il n'est pas mauvais de consacrer les deux premiers jours de votre stage à l'observation, l'évaluation et la prise en main de votre classe. Votre énergie doit donc être davantage consacrée à ces tâches qu'aux fiches de préparation. C'est le  mercredi de la première semaine que vous pourrez élaborer les fiches de préparation  jusqu'au mercredi suivant, et mettre en place votre projet, que vous lancerez jeudi matin. Vous risquez ainsi beaucoup moins l''explosion en plein vol, parce que vous connaîtrez vos élèves, ainsi que votre salle, votre école et ses ressources. Les préparations du mercredi doivent être le fond de tarte qui vous permettra de ne vous occuper le reste de la semaine que de l'amélioration des garnitures — c'est à dire au perfectionnement d'une séance, à l'exploitation d'une idée nouvelle, à la solution de problèmes inédits. Les débutants n'arrivent pas toujours à boucler ce travail dans le seul mercredi; dans ce cas, essayez de garder au moins un des deux jours du week-end pour vous, et de le consacrer à autre chose qu'à l'école. Cette coupure est nécessaire.
Un dernier point : si vous le pouvez, arrivez le matin avec une demi-heure d'avance, et retardez votre départ d'une demi-heure aussi. Pas par masochisme : préparer votre tableau vous donnera beaucoup de confort, et vous permettra d'acquérir plus rapidement une belle calligraphie à la craie. L'exploration de la salle de classe vous donnera de nouvelles idées. Vous pourrez aussi tester des dispositions de meubles plus rationnelles, enrichir et aménager la bibliothèque de classe, que sais-je…

Comment maintenir l'ordre  ?

Qui suis-je, grand Dieu, pour vous apporter  ce genre de réponses ? Nombre de sections qui m'ont affectueusement martyrisée doivent être pliées en deux en me lisant. Mais j'ai tout de même quelques tuyaux qui permettent de survivre — c'est une de mes grandes spécialités. Règle d'or : si vous connaissez quelques échecs, surtout ne dramatisez pas ; 80 % des professeurs, expérimentés ou non, sont dans le même cas que vous. Et les 20 % restants mentent.
Il convient avant tout de distinguer la maternelle de l'élémentaire. La discipline en maternelle suppose que l'on élève la voix le moins possible (cela électrise les enfants), que l'on tolère (surtout pour les tout-petits) des sorties du groupe ou de l'activité, que l'on accepte des moments de bourdonnement (pas des cris), et que l'effervescence momentanée soit réglée par quelques comptines affectées à cet usage — elles sont faciles à télécharger sur le Web. Un hamster ou un cochon d'Inde sont un atout extraordinaire, car on peut exiger le silence pour eux (le premier a des tendances cardiaques…). Mais c'est beaucoup de tintouin pour des débutants. Prenez donc une marotte (petite marionnette à main) qui n'acceptera de sortir de son panier que dans le calme, qui vous aidera à passer les consignes, qui vous aidera à lire les histoires à deux voix… Excellent retour sur investissement. Allumer une petite bougie parfumée au moment de la lecture du conte peut aussi avoir un effet merveilleux — à condition que ça ne se finisse pas en incendie. Un grand énervement peut être calmé en éteignant puis en rallumant 30 secondes la lumière. Usez enfin de moments musicaux écoutés en silence  — et choisissez plutôt de la grande musique que du New Age que je trouve personnellement fort laid et assez crispant. Alors que Mozart est apprécié même par les vaches à qui il fait donner plus de lait.
Le grand secret d'une  discipline relative est d'occuper les enfants. Pour cela, il faut que vos ateliers donnent suffisamment de grain à moudre (c'est à tester et à adapter), que les enfants sachent ce qu'ils ont à faire, pourquoi ils ont à le faire, et comment il pourront savoir s'ils ont réussi ou non. Mais il y a toujours quelques rapides qui viennent vous tirer par la jupe ou le pantalon pour vous demander quoi faire à présent qu'ils ont fini. La meilleure des solutions est de leur proposer d'effectuer un autre atelier à leur choix. Pour cela, songez à préparer non pas 7 supports pour sept élèves, mais 10. Vous ne serez pas pris au dépourvu; et ne culpabilisez jamais devant la répétition d'une activité : c'est bon pour l'assimilation, la consolidation, votre tranquillité, les enfants prennent confiance en eux…bref, que du bonheur ! Autre ressource : procurez-vous deux ou trois petits lecteurs MP3 (ou 4 ?) avec les mini-casques à oreillettes. Enregistrez dessus des contes lus, avec albums correspondants ; là non plus, ne craignez pas les redites.
Pour l'élémentaire, l'atmosphère est assez différente. Vous avez deux jours pour réaliser ce que tous les maîtres  font tous les ans en un mois : la prise en main de la classe. Deux jours de serrage de vis absolu, qu'on assouplit très progressivement ensuite. Pas d'exception à cette règle de fer : tous les ans, de charmantes  petites étudiantes m'avouent avec bonne humeur ne pas avoir suivi mon conseil  parce qu'" elles voulaient voir par elles-mêmes". Elles ont vu. Ne croyez pas pour autant qu'un début houleux soit irrattrapable — rien n'est irrattrapable; mais vous n'avez pas besoin de vous infliger cela. Un autre secret : apprendre à se taire par moments (oui, c'est moi  qui dit ça…). Repérez les moments où c'est vous qui parlez : la consigne, en exigeant un silence absolu, les bras croisés ou les mains posées sur la table, en contrôlant strictement les reformulations (5-6 minutes). Puis, en dehors des séances supposant débat ou construction collective, vous devez mettre vos élèves en recherche en renonçant à occuper l'espace sonore. Les enfants vont bruiter, de plus en plus, jusqu'à atteindre ce qui pour vous constitue le seuil de l'inacceptable (variable pour chacun dans de certaines limites…). Là, vous intervenez, pour un retour au silence  complet. Puis les enfants vont recommencer… même jeu — jusqu'à ce que (entre 2 et 3 fois) le moment soit venu du travail en commun. Votre dépense vocale sera donc d'un passage de consigne, de deux ou trois coups de gueule (décents) et d'une mise en commun. Ainsi, vous vous économisez.
Apprenez  à le faire aussi au cours de la journée : veillez toujours à ce qu'une séance à dominante d'oral soit suivie par une séance d'écrit, la providence des professeurs de tous niveaux. C'est bon pour les élèves, et vous, vous soufflez. De même pour les punitions : veillez à ne pas vous punir vous-mêmes. Pas de suppression de récréation : d'abord c'est illégal, ensuite c'est épuisant car vous devez surveiller. En plus, c'est inutile : amputer de trois minutes la récré est tout aussi efficace. Pour un enfant, c'est l'éternité.
A tous, bon courage, et attendez vous à autant de joies  que de fatigues !



Mon plan magique pour l'épreuve de didactique de français
Pour une ou deux séances encore, nous nous appuyons sur les annales 0. Je vous mets en ligne l'adresse de la page où les télécharger — ce qui ne m'empêchera pas de les mettre à la photocopie pour mon groupe de C2-C3.
Comme vous vous en êtes probablement aperçu, je suis cuisinière;  j'adore les recettes. J'ai donc élaboré pour vous la recette miracle pour l'oral de didactique. Le plan type ci-dessous ne devrait pas vous trahir si vous prenez quelques précautions, et ne l'appliquez pas à l'aveugle.
La première contrainte est celle du temps : vous avez trois heures pour deux épreuves, l'épreuve de didactique du français, et l'épreuve admnistrative. Etant donné les coefficients, consacrez deux heures au français. Souvenez vous qu'un oral se joue beaucoup sur le sang froid et la fraîcheur : pas de révisions forcenées jusqu'à quatre heures du matin la veille ! Et pensez à vous nourrir pendant la préparation (pas pendant l'oral…) : chocolat noir (riche en emphétamines), thé ou café en thermos, barres de céréales. Je vous donnerai vers le mois de mai de bonnes recettes de riz au lait, aliment immédiatement assimilable.
Autre conseil : préparez au début des trois heures votre brouillon. De préférence, une couleur pour chacune des deux épreuves (mais j'ignore si on vous fournit les feuilles); sinon, adoptez un bon signe distinctif. Préparer les feuilles de brouillon signifie simplement tracer une marge de 4 cm à gauche et à droite. Vous ne devez utiliser que le recto de vos feuilles. Lorsque vous êtes amenés à raturer, faites le proprement, et réécrivez dans les marges. Vous y gagnerez beaucoup en lisibilité, donc en confort, donc en efficacité. Ne numérotez vos pages (en haut à droite) que lorsque votre exposé est entièrement rédigé, de l'introduction à la conclusion.En vous imposant la discipline de n'écrire qu'au recto, vous avez ainsi l'esprit tranquille : vous savez toujours où vous en êtes, et il vous suffit de mettre chaque page achevée"face contre terre" au cours de l'exposé pour avoir le réconfortant sentiment d'avancer.Important : évaluez pendant l'année, en vous chronométrant, le temps que vous prend à l'oral une page avec ses deux marges, raisonnablement remplie; une minute ? deux minutes ? Quand vous saurez cela, vous pourrez calibrer votre exposé en nombre de pages, sachant que vous devez faire 20 minutes,  ni plus ni moins. Vous pourrez avec ce système finir par vous passer de montre, ce qui est le comble de l'élégance un jour d'examen…
Enfin, prenez lors de votre première lecture du dossier quelques repères : de quel thème s'agit il ? Quelles sont les tartes à la crème qui me viennent à l'esprit à ce propos ?  Quelles sont les spécificités des documents ? Iconiques, didactiques, théoriques, institutionnels ? Que me disent les dates ?Je  note tout cela au crayon sur une demi-feuille (pour ne pas la confondre avec les feuilles du brouillon proprement dit).
Tout est prêt pour remplir le plan type que voici (vous pouvez aussi le télécharger ici en version "propre", sans les commentaires en rouge, et en trois pages, ce qui vous permettra pendant l'année de l'appliquer à des dossiers rapidement pour vous entrainer)
[Ce plan  a le mérite de suivre les étapes que tout professeur consciencieux suit, à peu près dans cet ordre, au moment de préparer une nouvelle séquence avec, sous le coude, les I.O., un support prometteur, et avec un peu de chance, une ou deux références didactiques. Convenons que vos sujets, de ce point de vue, ne manquent pas de vraisemblance.]


Introduction (1 minute)

[Surtout ne pas perdre de temps : une phrase d'appel comme d'habitude bateau mais pas trop, deux ou trois phrases à propos de l'intérêt du sujet, et le plan. Attention : vous êtes à l'oral, il faut donc bien marquer les parties quitte à être très lourd. Et il faut absolument trouver une reformulation personnelle, et non réciter mon anti-sèche !]


I : Le chantier du maître (6 minutes) :

[C'est une étape que vous traverserez nécessairement sans votre vraie vie de professeur d'école. Mais vous devez offrir ici au jury en ordre ce que vous vivez d'ordinaire dans le désordre. Vous lui épargnez par exemple le café renversé, la pause cigarette, et les jurons.]


               A) : Comment définir ses objectifs ?

[Passage un peu casse cou, à la fois parce que vous posez le contrat que vous vous engagez à remplir, et parce que cela peut vite être extrêmement rasoir. A boucler en une ou deux minutes. Quelques cas de figure :
—on vous donne l'objectif. Il VA DE SOI qu'il est pertinent ! Vous le replacez dans le contexte un peu élargi du programme officiel, et vous évoquez quelques pré-requis.
— on vous demande de trouver l'objectif : vous mettez en scène un petit tâtonnement expérimental; "je pourrais faire ceci, mais…je pourrais faire cela, mais…En fait, je vais plutôt adopter une troisième solution pour telle et telle raison…"
— on vous propose deux ou trois objectifs au "choix" : soulignez leur pertinence, la manière dont ils s'articulent ou se complètent, puis justifiez votre choix; ]

               B) Que nous apportent les supports ?

                              1) Points forts

[Il faut TOUJOURS trouver de l'intérêt à ce qu'on vous propose. La plupart du temps, vous n'aurez pas à vous forcer.]

                              2) Difficultés

[Plutôt que points négatifs…Et difficultés d'utilisation plus pour l'élève que pour le maître]


               C)  Penser la trame des séances  :

[TRAVAIL DE DANIEL BECCHIO ET DE L’ECOLE PABLO PICASSO] :

[Cet excellent memento pour rédiger une consigne parfaite peut vous aider à pointer les éléments auxquels un bon professionnel doit penser avant de tout calibrer. Ne vous croyez  pas obligés de faire un sort à tout, au contraire. 3 ou 4 points bien examinés sont une preuve de jugeotte et de discernement. ]


But  pour l’enfant :  ce qui devra être réalisé par lui

Matériel disponible : ce dont l’entant à besoin en tout

Opérations mises en jeu : ce qu’il devra savoir faire

Validation : comment l’enfant saura qu’il a réussi

Temps : pour organiser son travail

Groupement : pour connaître ses lieux de travail

Fin d’exercice : ce qu’il doit faire pour passer à une autre activité sans déranger lesautres

Evaluation :  comment le maître sait que l’élève a réussi.



II : La séquence (6 minutes) :

[Là, c'est le grand bain; je ne peux savoir à l'avance ce que sera votre séquence, c'est à dire votre enchaînement de séances. Un double impératif catégorique :
— pour chaque séance, formulez la consigne dans les termes mêmes où vous la diriez devant des élèves. Le document de Daniel Becchio vous permet de vérifier si cette consigne tient la route.
— soulignez jusqu'à la saturation le lien que vos séances entretiennent entre elles.Vous devez avoir présent à l'esprit l'image de l'escalier : chaque séance est une marche qui doit permettre de passer au palier supérieur qu'est la  séance suivante.
Enfin un conseil : ne multipliez pas à l'excès les séances. Vous riquez l'éparpillement et la lassitude du jury.]

III : Zoom et prolongements (6 minutes) :

                           A) Un travail d’hypothèses :

["Zoomez" sur 1, 2, 3 séances au plus pour donner un échantillon  de ce travail que doit faire tout maître, et que l'expérience lui facilite de plus en plus au fur et à mesure qu'il avance dans la carrière : anticiper sur les réactions de ses élèves. ]

                              1) des difficultés prévisibles :


                              2) des réactions envisagées :  

[Vous pouvez aller jusqu'à élaborer de petits dialogues fictifs maître/élève]


                            B) Des prolongements possibles :

[La séquence dans un autre cycle, une variation d'objectifs…insistez sur l'évaluation, la question de la différenciation… mais attention à ne pas tendre une perche que vous n'avez pas envie de voir saisir !]



Conclusion (1 minute)  : [Résumé du parcours, et peut-être, retour aux I.O.]

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