C'est probablement là que nous avons été le plus heureux. On mangeait bien, à Etiolles. Et quand on mange bien, on vient, on s'attarde, et on parle, du boulot, du monde à refaire, de la vie. La force des liens qui nous unissent après tant d'années vient largement de là. D'où la colère et la tristesse de savoir que ceux à qui nous devons cela, le personnel des cuisines, s'en sort le moins bien, dans ce transfert désastreux.
J'ai connu à Etiolles des repas de Noël incroyables, de 300 couverts dignes d'un restaurant, avec bal tout l'après midi. Des pots d'adieu un peu tristes, mais doux aussi parce qu'on savait que les anciens revenaient toujours, et que tout continuait. Des Midis d'Etiolles avec des troupes de professionnels ou avec nos étudiants de musique, ou la présentation des ateliers de jeux littéraires. Des AG aussi; en 2003, tous les lycées et écoles du département avaient envoyé des délégations; avec l'écho de notre immense salle, on avait l'impression que mai 68 recommençait.
Dans d'autres diaporamas, on voit le réfectoire sous un aspect différent, car on est face aux cuisines et à la mosaïque polychrome. Ici, Valérie Boursier a rendu l'effet saisissant que produisait les trois grandes fresques de Patrick Leterme quand on déjeunait face à elles. Il les avait fait réaliser par ses étudiants au cours des ateliers libres, si nombreux il y a vingt ans…et j'ai choisi pour les accompagner, surtout à cause de Mac Kay, le mouvement lent d'Un Américain à Paris, de Gershwin (Musique pour clarinette et cordes) interprété par Michel Lethiec.




Le réfectoire.
Saulchoir Etiolles IUFM Monastère dominicain